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HONDA CBR 1000 RR FIREBLADE |
La
rupture et la diet
Contact :
Nous sommes en présence
d'une très grosse mutation de la CBR 1000 RR. Du haut en bas
et du moteur jusqu'au bout du carénage, la Fireblade marque une
nette rupture
avec ses antécédents. Du coup, le mouvement initié
en 2006 de "détachement" avec le concept "RCV
211 Design" atteint ici sa finalité : ni la 600, ni la 1000
ne calque leur style sur celui de la machine de MotoGP. La CBR évolue
avec sa propre philosophie, et ses propres codes.
Une évolution stylistique qui surprend sur bien
des points, en particulier cette silhouette à l'équilibre
audacieux. Avec la disparition de l'échappement sous la selle,
la partie arrière est totalement modifiée. Particulièrement
fine et courte, quasiment aussi
svelte que celle d'une 125, son minuscule gabarit contraste de manière
surprenante avec le dessin plus massif du carénage principal.
Un profil de cétacé, apte à alimenter la polémique
pendant de nombreuses heures mais parfaitement justifié par le
travail acharné des ingénieurs. Honda le souligne d'ailleurs
en filigrane - "Privilégiant manifestement les performances
aérodynamiques plus que le caractère visuel" - et
recherche avant tout l'alliance de la simplicité et de l'efficacité.
Et on peut dire qu'ils ont sacrement bossé pour y arriver.
D'abord, optimiser les propriétés de l'air,
élément capricieux dans l'aérodynamisme
et denrée primordiale pour le bouilleur. La nouvelle forme du
tête de fourche est censée offrir plus de vivacité
et de contrôle lors des changements de direction. Plus proche
de la colonne de direction, il recentralise les masses et diminue la
résistance aérodynamique lorsque le pilote la balance
d'un angle à l'autre.
Sous ses yeux menaçants, 2 prises dynamiques remplacent l'unique
conduit (caché sous la colonne de direction sur les anciennes
1000 RR) d'admission d'air afin de gaver plus efficacement le nouveau
moteur.
Ah ,
j'en vois qui se posent des questions sur la sortie d'échappement.
OK, là aussi, y a de quoi discuter longuement. Le déménagement
du pot sous le moteur et ses orifices planqués latéralement
peuvent choquer l'oeil, mais c'est au bénéfice d'une répartition
des masses toujours plus équilibrée. Sa disposition ne
devrait aucunement gêné les fortes prises d'angles, sa
conception lui permet de passer Euro 3, et ses deux valves de gestion
des gaz brûlés optimisent les performances. Petit bonus
: la CBR en profite pour proposer à nouveau un coffre sous la
selle. Enfin... On ne va pas commencer à ajouter du poids là-bas
dedans ; surtout que Honda s'est bien cassé la tête pour
alléger sa 1000 au maximum. Et annoncer le très intéressant
chiffre
de...
199 kg tous pleins faits. Alors là, ça ne
rigole plus. D'une part parce que cela fait bien longtemps que les constructeurs
japonais n'ont pas annoncé un poids de cette façon (habituellement,
c'est toujours à sec, avec des valeurs si faibles qu'on se demande
s'ils comptent l'huile, le liquide de refroidissement et l'acide de
la batterie...). D'autre part, cela signifie que la CBR 1000 RR
est la seule hypersport à avoir perdu du poids dans sa mutation.
Seule la Ducati a également maigrit en se modernisant de 999
à 1098. Maintenant, la Honda est désormais la plus légère
des grosses sportives japonaises, tel que le fut sa vénérable
ancêtre de 1992. Les dernières R1 et GSX-R font quasiment
10 kg de plus.
Mais avant, la CBR était loin d'être la plus
svelte de la catégorie ; comment est-elle parvenu à ce
niveau ? Simple : le poids a été traqué partout,
dans tous les sens, de toutes les manières.
De nouvelles branches creuses sur les roues permettent de gagner 240
gr à l'avant et 310 à l'arrière. Les étriers
de frein
radiaux (de type monobloc, s'il vous plait) sont plus légers
de 126 gr chacun. Leurs pistons ne sont plus en acier mais en alu recouverts
de chrome, et perdent encore 430 gr. Et pour les disques, le simple
fait de les faire tenir par 6 frettes au lieu de 10 permet de gagner
encore 90 gr.
Tout y passe comme ça. Les ingénieurs ont même opté
pour une batterie de 7 ah au lieu de 10, et c'est 1 kg de gagné.
Et sur le moteur, ils ont passé quelques nuits blanches.
Objectif : trouver des chevaux.
Solution : revoir tout ce qu'il y a dans le moteur.
Procédure : changement des cotes internes.
Et ça marche!!
Le bloc gagne un demi dé à coudre de cylindrée
(il pa sse
de 998 à 999,8 cm3) et modifie son rapport course/alésage.
Cela n'a pu être possible qu'avec un changement du traitement
de surface. Les chemises composite en céramique sont remplacés
par un traitement JCP (Jet-flow Circulation Plating) ultra résistant.
Du coup, l'alésage augmente de 75 à 76 mm et la course
s'amenuise de 1,4 mm afin de ne cavaler que sur 55,1 mm. Le moteur ne
change pas de largeur totale, car l'espace entre les cylindres est réduit
de 6 à 5 mm. Bilan de la cure : 2,5 kg gagnés sur le moulin
et une puissance accrue à 177 chevaux en statique (172 sur la
version 2007). Voila qui permet de se mettre au diapason de la concurrence,
surtout que, en compétition, le principal ennemi, c'est le poids.
Et sa chasse ne s'arrete pas là : du poids gagnés sur
la culasse, avec des soupapes moins longues et plus légères,
de nouveaux arbres à cames, un allégement des ressorts
de rappel, des pistons forgés plus gros mais plus légers...
partout, je vous dis ! Et le cadre a également droit à
sa piqûre de remise en forme.
Le nouveau truc pour réduire le poids du cadre,
c'est de le simplifier. Sur la Honda, on n'utilise plus que 4 pièces
au lieu de 9. une nouvelle colonne de direction
moulée dans laquelle sont aménagés les deux passages
du système d’admission d’air, deux sections intermédiaires
qui entourent le moteur et enfin une large pièce en U qui passe
sous l’arrière du moteur et accueillant l’axe du
bras oscillant. L'usine annonce un gain d'environ 2,5 kg pour des valeurs
de rigidité accrues : + 40% en torsion, + 30% en verticale et
+ 13% en latérale.
Coté suspension, le constructeur conserve sa confiance envers
le système actuel. Du coup, peu de modifications sont au programme
: écartement entre les tubes de fourche réduit de 10 mm
(214 -> 204),déport augmenté de 2,5 mm (de 25 à
27, 5 mm), et supports d'axe de roue plus compacts.
C'est le bras oscillant qui se distingue le plus. Désormais de
type banane sur la droite, il est plus long de 11 mm, ancré plus
haut, mais sans modifier l'empattement. La stabilité n'en sera
que meilleure, surtout que la foule de modifications apportées
au chassis devraient plus que sensiblement améliorer l'agilité
de la Fireblade. L'amortisseur est toujours associé au système
Unit Pro-Link inauguré par la RCV 211 de MotoGP.
Montons un instant
en selle pour découvrir le nouveau tableau de bord de la CBR
1000 édition 2008. Changement radical pour l'instrumentation,
à la fois plus compacte et plus heureuse que l'ancienne. Plus
près du pilote se cache la deuxième génération
d'amortisseur électronique Honda, semblable à celui de
la 600 RR '07. Nettement plus compact, ce nouvel HESD n’est plus
abrité sous le cache-réservoir mais monté derrière
la colonne de direction d'où il est associé au té
de fourche supérieur par l’intermédiaire d’un
bras articulé qui entraîne le dispositif d’amortissement
hydraulique.
Revenons dans le berlingot, plus précisément
dans l'embrayage, et nous constatons que Honda adopte à son tour
un embrayage anti-dribble. Le constructeur connaît plus qu'un
peu cette technologie - Dixit Honda "un tel système
avait déjà été développé pour
la première fois sur la révolutionnaire NR500 à
pistons ovales engagée en Grand Prix en 1979 puis sur les VFR
engagées par l’usine en Superbike en 1982. Sur les machines
de production, la RC45 apparue en 1994 était également
équipée d’un tel système." - En gros,
il aura fallu attendre plus de 25 ans pour y voir débarquer sur
une sportive Honda de grande série...
Les ingénieurs ne voulant pas copier les systèmes de la
concurrence, ils ont peaufiné leur dispositif. A la décélération,
l'anti-driblle est actionné comme sur la plupart des autres systèmes,
avec un jeu de cames qui désolidarise les disques quand il y
a trop de couple à digérer. Là où le mécanisme
Honda diffère, c'est par la présence d'un autre jeu de
cames qui force les disques à recoller entre eux et à
réengager l’embrayage fermement à l’instant
même ou la puissance du moteur est de nouveau appliquée.
Ce procédé permet de diminuer la pression sur les disques,
et du coup, la commande de l'embrayage se passe de l'hydraulique pour
revenir au traditionnel câble.
Peut-être que le style audacieux de la nouvelle
CBR est discutable, mais sûrement que sa conception est une impressionnante
dose de labeur pour redonner toute sa vaillance à la Fireblade.
Honda retrouve ses ailes avec les performances de l'équipe Ten
Kate en Superbike et compte bien lui fournir un excellent matériel
pour la saison 2008. Mais rien n'est joué d'avance face aux concurrentes
: la GSX-R rafle tout depuis 6 ans, la R1 vient de gagner le Bol d'or,
la ZX-10R revient complètement changé elle aussi. Le combat
s'annonce plus serré que jamais.

M.B
(Powered by Motoplanete -
photos constructeur)
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Moteur
| - Type: Quatre cylindres en ligne , 4 temps,
double arbre à cames en tête, seize soupapes |
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| - Refroidissement : liquide |
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| - Cylindrée : 999,8 cm3 |
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| - Alésage x course : 76 x 55,1 mm |
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| - Taux de compression : 12,2 : 1 |
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| - Puissance : 177 ch à 12 000 tr/mn |
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| - Couple : 108,5 Nm à 8 500 tr/mn |
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| - Lubrification : Carter humide |
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| - Admission : Injection électronique PGM-DSFI
Ø 44 mm |
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| - Embrayage : Multidisque à bain d'huile |
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| - Allumage : Digital transistorisé piloté
par processeur |
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| - Mise en route : Démarreur électrique
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| - Transmission : Six vitesses en prise constante |
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| - Transmission finale : Chaîne à joints
toriques au pas de #530 |
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| - Batterie : 12 V / 10 Ah |
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| - Capacité du réservoir d'huile : 3,8
L |
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Partie cycle
| - Cadre : Double poutre alu type diamant |
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| - Suspension avant : Fourche inversée à
cartouche HMAS, Ø43 mm entièrement réglable |
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| - Débattement roue avant : 120 mm |
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| - Suspension arrière : Monoamortisseur Unit Pro-link
entièrement réglable |
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| - Débattement roue arrière : 135 mm |
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| - Frein avant : Double disque, Ø 320 mm, étriers
à 4 pistons |
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| - Frein arrière : Simple disque, Ø 220
mm, étrier à 1piston |
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| - Roue avant : Jantes 3 branches alu 17" x 3,5" |
| - Pneu avant : 120/70 ZR17M/C (58W) |
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| - Roue arrière : Jantes 3 branches alu 17" x
6" |
| - Pneu arrière : 190/50 ZR17M/C (73W) |
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Dimensions
| - Longueur hors tout : 2077
mm |
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| - Largeur hors tout : 826 mm |
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| - Hauteur hors tout : 1 131 mm |
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| - Hauteur de selle : 831 mm |
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| - Empattement : 1 407 mm |
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| - Garde au sol mini. : 130 mm |
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| - Poids à sec : 166 kg - tous pleins faits :
195,6 kg |
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| - Capacité du réservoir d'essence : 17,7
L |
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| - Capacité de la réserve : 4 L (avec témoin) |
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| - Angle de chasse : 23 ° |
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financer cette moto
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LES
PLUS |
- Poids record
- Plus de watts
- Optimisation à gogo |
|
LES
MOINS |
| - Design discutable |
La
concurrence
Performances
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| Modèle 2004 - 2005 |
| - Vitesse maxi : 291
km/h |
| - 0 à 100 km/h : 3"2 |
| - 0 à 200 km/h : nc |
| - 400 m DA : 10"3 |
| - 1 000 m DA : 18"4 |
| - Conso moyenne : 7 L |
| - Autonomie : nc |
Tarifs
du neuf et de l'occasion |
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| - Neuf : 14 000€
(estimé) |
| - 2 006 : 10 290 € |
| - 2 005 : 9 050 € |
| - 2 004 : 8 000 € |
Fréquence
entretien |
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| - Vidange : 10 000 km |
| - Filtre à huile : 10 000
km |
| - Filtre à air : 20 000 km |
| - Jeu aux soupapes : 48 000 km |
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